Tendances « Zéro-phyto »

Tendances « Zéro-phyto »

Tendances « Zéro-phyto »


Avec la loi du 6 février 2014 interdisant l’usage de pesticides dans les espaces verts publics à partir de 2020, la marche vers le «Zéro phyto», enclenchée notamment par le Grenelle de l’Environnement, dispose désormais d’un calendrier et d’un cadre législatif. Au-delà des seuls parcs et jardins, c’est un pan entier de l’aménagement urbain qui est concerné par ce virage (voirie, bâtiments, espace public…). Avec bien sûr, à la clé, un impact positif non négligeable sur l’eau et les milieux naturels.

Dans le cas de Pluguffan, la commune a mis en œuvre un plan de gestion différenciée des espaces verts depuis 2010. Il y a donc une réflexion sur les différentes méthodes à adopter suivant les lieux. Cela fait donc 8 ans que la commune se donne les moyens pour y parvenir dans les prochaines années. Et ce n’est pas une mince affaire, tant cela bouscule les habitudes des administrés, pas forcément enchantés de voir réapparaitre la végétation «sauvage» dans les rues. Mais d’une façon générale, les habitants ont progressivement accepté l’abandon des produits chimiques sur la voirie communale. Dans les massifs, on est passé, en 2007, de 20 litres de Roundup, à 1,5 litre en 2018, grâce au paillage en copeaux de bois.

Concernant les abords des terrains de foot, les aires sablées et le cimetière, le choix est encore plus radical puisque ces espaces ne sont plus traités. Différentes méthodes ont été pensées pour y pallier. Au cimetière, pour remplacer les 4 litres de Roundup et les 3 litres d’anti-germinatif, l’entreprise ADC fait 3 passages de binette dans l’année, complétés d’un nettoyage par la commune avant la Toussaint. Pour les abords du stade et quelques aires sablées, un désherbage mécanique est effectué par les services techniques. A noter qu’une partie des aires sablées a été convertie en gazon.

Par contre, peu de solutions ont été trouvées pour remplacer le «sélectif gazon» sur les terrains de football. L’entretien de ces terrains est un véritable défi pour les collectivités qui souhaitent tendre vers le «Zéro phyto». Cette difficulté provient de la contradiction permanente entre les logiques sportive et agronomique. Les amateurs de football souhaiteraient une pelouse à la fois rase et sans végétation spontanée. Or, plus un gazon est court, plus il est vulnérable à l’invasion des plantes non désirées et plus il est sensible à la sécheresse. Entretenir des terrains sportifs sans produits phytosanitaires est d’autant plus délicat qu’il n’existe pas de techniques alternatives pour éradiquer les adventices dans un gazon. Pluguffan met cependant les moyens humains et mécaniques pour tendre vers le «Zéro phyto» sur les terrains de football.

En conclusion, la commune effectue durablement sa transition vers du «Zéro phyto» depuis près de 10 ans. Seule la gestion écologique des terrains de football pose problème. Cette transition demande un investissement non négligeable mais elle est nécessaire et pleinement bénéfique pour l’avenir de toute la collectivité.

Xavier Baron, responsable espaces verts